Trek Kalaw-Inle Lake – (il manque qqs photos)

De retour dans un bus pour un long trajet vers Kalaw. Départ un jeudi vers 20h à Yangon après une bonne journée de travail afin d’arriver le vendredi matin où notre trek commence. Dix heures de bus pour 576km… Pas mal ! Nous sommes donc arrivés comme des zombies à 6h du matin, près pour commencer le trek à 8h.

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Au programme : deux jours de trek commençant à Kalaw finissant aux fameux Inle Lake. Nous sommes dans dans l’état de Shan, le plus grand état du pays, mais aussi un de plus dangereux. Ici les affrontements ethniques sont encore très présents. De plus, le fait que l’état est un énorme producteur d’opium n’aide pas. Le Myanmar est le deuxième producteur d’opium au monde (Afghanistan 90% et Myanmar 9% de la production mondiale). L’état ayant une frontière importante avec la Chine n’aide évidemment pas. Entre trafic de personnes, de drogues et armées ethniques c’est le bordel. Mais pas de stress, ces zones sont tout simplement interdite d’accès aux étrangers et sont principalement dans le nord de l’état. Tout ça fait partie de la grande partie du pays que le gouvernement ne veut pas que les étrangers voient. C’est parfois difficile d’entendre des touristes dire à quel point le pays est beau et tranquille. Une partie de mon travail implique lire la presse birmane tous les jours pour faire des press reviews pour la délégation et je peux dire que le pays n’est pas tranquille. C’est parfois drôle de lire le journal du gouvernement qui dit qu’une armée ethnique a attaqué des troupes du gouvernement et lire dans un journal libre que l’armée a une fois de plus tirés sur un groupe ethnique. Les élections et la victoire du parti d’Aung San Suu Kyi ne règle qu’une fraction du problème, il y a encore une vingtaine de groupes ethniques qui sont mécontents. Bref je m’éloigne. Comme nous sommes des bons touristes bien blancs, nous n’allons que dans des zones dirigées par le gouvernement.

C’est donc vendredi matin, armés de nos petits pulls, que nous commençons le trek. Nous sommes un groupe de 7, mais d’autres groupes suivent le même chemin et nous suivent. Le trek se fait surtout en altitude et les températures peuvent parfois atteindre zéro degré le matin. Ben oui c’est l’hiver techniquement. Les paysages sont très beaux, parfois dans les champs, parfois dans les forêts nous traversons la campagne. A 9h, le soleil commence à taper et il fait déjà très chaud. Pour le lunch nous mangeons dans une sorte de refuge de villageois. Au menu : fried noodles (un classique) et salade d’avocat. L’état de Shan est aussi un gros producteur d’avocat, j’en ai mangé pendant tout le séjour. Ce jour-là nous avons marché 21km, c’est raisonnable. Le soir, rebelote salade d’avocat et bière Myanmar. Nous sommes d’humeur festive, les guides nous rejoignent dans notre hutte avec des boissons et une guitare. Je peux vous dire que ces petits birmans ils savent s’amuser. Ils reprennent des chansons américaines en birman, chantent, allument des cigares. C’était une excellente soirée.

Le lendemain, départ 8h avec nos petits eux à peine ouverts. On marche toute la journée, pour arriver au sud d’Inle Lake dans l’après-midi où nous avons pris un bateau-taxi pour rejoindre la petite ville au nord du lac. Cette fois ci nous avons marché 24km, mais le chemin n’était pas toujours facile, beaucoup de grimpette, de terrain rocheux. Heureusement ça redescend vers la fin comme le lac n’est qu’à 900m d’altitude.

 

Nous prenons un bateau taxi pendant 1h pour traverser le lac du sur au nord. C’était assez agréable je dois dire. Connaissant bien le pays, nous a savions que certains pécheurs sur le lac, généralement où les bateaux touristiques s’arrêtent pour les observer, sont en faites des faux pêcheurs. Ils sont payés par le gouvernement pour mettre des vêtements typiques et faire semblant de pêcher avec beaucoup d’élégance… Classique Myanmar.

 

Nous arrivons à Nyaung Shwe où nous passerons la nuit. Après une petite heure de sieste nous partons en exploration pour le repas du soir. Nous trouvons un petit resto recommandé par un ami. Au programme : jeux de carte, salade d’avocat et mojitos. Nous sommes très vites rejoins pas des amis d’un membre du groupe qui sont de passage également. Je crois que sur 10 personnes il y a avait 7 nationalités différentes. Je n’ai toujours pas rencontré de belge par contre. Oui oui l’ambassadeur est belge mais bon….

Le lendemain nous avons visité un vignoble (décidemment ils produisent de tout dans cet état) et nous avons fait un peu de vélo. Le dimanche soir nous avons donc repris un Bus vers Yangon… Ca nous a pris 12h et sommes donc arrivés vers 8h du matin, et à 9h il fallait être au boulot !

Le trek était déjà il y a quasiment un mois… Nous sommes fin mars et la fin se rapproche. Je ne sais pas très bien ce que le futur réserve, mais en tout cas je prends un avion pour Bangkok le 2 Avril et je resterai en Thailand au moins 3 semaines. Nouvelles aventures bientôt, hier j’ai été à une cérémonie bouddhiste dans un monastère et je pars dans quelques jours pour une nouvelle destination.

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Bizarre Myanmar

 

C’est parfois difficile d’exprimer à quel point a vie est différente ici. Il y a des éléments de la culture et de la vie quotidienne auxquels je m’attendais et qui n’étaient donc pas des surprises en soi. Au niveau culturel il y a par exemple le fait qu’ils n’ont pas vraiment d’idée de ce qu’est l‘espace personnel ou l’intimité, tout le monde se pousse, le fait qu’ils conduisent comme des tarés, etc. Mais il y a beaucoup de choses qui étaient des surprises. Et honnêtement il y a du bon et du mauvais, mais en tout cas je m’habitue à tout. Voilà une petite liste de choses inattendues, des petits détails mais qui peuvent parfois être assez importants :

  • La lenteur des gens : cela parait peut important mais c’est assez impressionnant… Ils sont lents, ils sont lents dans la rue, dans les magasins, à la caisse. Bon je suppose que dans les rues on peut blâmer le Longyi (le drap qu’ils portent comme une longe jupe nouée à la taille). C’est très joli sur une femme mais c’est très serré donc il faut faire des tout petits pas. Ça ne me gêne pas dans le sens où j’ai le temps, mais je ne peux pas m’empêcher de remarquer qu’ils sont tout simplement souvent inefficace et c’est un frustrant.

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  • La dualité entre la pudeur des gens et leur côté exhibitionniste : pour Il y a évidemment une grosse différence entre les hommes et les femmes. Les femmes en général cachent leurs épaulent et leurs jambes (bien que franchement vu comment le longyi est moulant les cacher ou pas ne change pas grand-chose). Les hommes pourraient se balader à poil que ça ne choquerait personne… Je dirais que la moitié des hommes portent encore des longyis, et autant les jeunes que les vieux. Quand ils doivent faire des travaux manuels ou qu’ils font du sport, ils remontent et nouent leur longyi comme un gros lange. Je peux vous dire que j’i vu plus de fesses birmanes que j’aurais voulu en voir.

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  • Le climat : mmmh le soleil d’Asie du Sud Est. Un fois qu’on s’habitue à la chaleur c’est absolument parfait. Ça fait 5 mois que je vis en t-shirt et en flip flop. Pas besoin de moufles, pull ou cache oreilles. Même pour le sortir de soir, pas besoin de m’encombrer de tout un tas de trucs =) J’ai les orteils qui respirent tous les jours dans mes flip flops et un bronzage permanent.
  • L’utilisation intempestive du klaxon. Bon je savais déjà que les gens roulaient comme des tarés. Le fait qu’ils roulent à droite avec des volants à droites ne doit pas aider honnêtement. Ce que je ne savais pas c’était que le klaxon remplace les avertisseurs. ILS KLAXONNENT TOUT LE TEMPS. L’autre jour, j’ai pris un taxi, 6 minutes et 13 coups de klaxons…. Ils klaxonnent pour prévenir qu’ils tournent, pour prévenir qu’ils avancent ou qu’ils reculent. Les taxis klaxonnent pour dire qu’ils sont libres ou simplement pour dire bonjour. Il klaxonnent parce qu’ils voient une femme blanche (ouioui moi). Aoutez ca au fait que tout le monde crie dans la rue et ca devient vite assourdissant. Ils crient pour beaucoup de choses : pour vendre de l’eau ou de la nourriture dans la rue, l’éboueur pour dire qu’il passe (ne vous emballez pas c’est juste un homme qui pousse une charrette pleine de déchets, les accompagnateurs des bus crient les arrêts suivants,….
  • Les gens sont gentils. Oui c’est vrai tous les touristes disent toujours que les birmans sont gentils et c’est vrai. Même sans parler la langue ils nous aident volontiers si on est perdu, si on a peur de traverser la rue ou quoique ce soit. Oui traverser la rue n’est pas toujours une chose facile, il n’y a pas de passage pour piéton et les voitures ne ralentissent pas si tu passes devant eux. Donc oui ils sont gentils MAIS… ils sont aussi assez hypocrites. Ils vont tout faire pour éviter le moindre conflit ou mésentente et vont garder le sourire mais n’hésiteront pas à dire certaines choses une fois partis. Autre détails totalement inexplicable, ils ont beaucoup de mal à répondre aux questions… S’ils n’ont pas envie de dire quelque chose ils vont rester vagues au lieu de tout simplement dire non. En gros ils manquent franchement d’honnêteté. Mais d’une manière générale ils restent gentils et souriants tant que tout va bien. Le fait d’être blanche et d’avoir les yeux bleus doit aider évidemment…
  • La vie d’expat. Bon, je vous l’ai déjà dit, c’est un des très bons côtés. On rencontre beaucoup de monde, il y a toujours des activités, des concerts, des restaurants à essayer,…
  • Les frites sont incroyables dans ce pays. Ils font des grosses frites maison dans je ne sais quelle graisse et c’est fantastique.

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Durant mon séjour j’ai pu voir des choses  que je n’avais vraiment pas envie de voir… Voici mon top 3 :

  • J’ai vu homme faire caca sur le bord trottoir pendant la nuit. Je me souviens très bien c’était le 25 décembre. Je marchais après un bon resto pour aller dans un bar avec un ami et on a été surpris par un très gros rat traînant un sac plastique. Dix secondes après on se fait crier dessus par un homme parce qu’on le dérangeait lors de son petit caca du soir….
  • Il y a quelques semaines j’ai surpris un vieil homme dont le longyi avait glissé…J’arrivais derrière lui et j’ai pu le voir se baisser très très lentement vers le sol pour prendre son longyi sur le sol. Je suis maintenant en mesure de vous dire que les hommes âgés ne portent rien sous leur longyi…
  • Moins dégoutant, l’autre jour j’ai vu un homme marcher tranquillement dans la rue en se rasant le visage. Sans eau, sans mousse avec un rasoir jetable. Pourquoi pas

 

En gros, tout est vivable et rien n’est vraiment dérangeant, mais il y a des jours où tout ça est un peu envahissant. Je vous déconseille franchement Yangon quand vous êtes rentrés tard le soir avant et bu trop de Mojitos par exemple… Mais étant donné que je cherche du boulot ici, vous voyez que les bons côtés surpassent les mauvais et tout est bien.

En tout cas j’ai un tout autre respect pour la Belgique et le gouvernement qu’avant. Au Myanmar le gouvernement se fou de la population et de son bien être (le nouveau gouvernement prend le pouvoir début un avril, on verra ce que ça donne). Et je ne m’étais pas rendu compte tout ce que le système fait pour nous avant d’arriver ici. Je sais qu’en Belgique ce n’est pas parfait… Il y a des trous dans les routes et des travailleurs communaux qui regardent l’herbe pousser. Mais il y a des routes. Il y a des gens qui ramassent les déchets. On ne risque pas de tomber dans les égouts à chaque fois qu’on fait un pas de coté sur les trottoirs. Il n’y pas des dizaines de chiens errants dans la rue qui hurlent une fois la nuit tombée… La liste est encore bien bien longue…

Je vous écris en ce moment de Easy Café où je suis parfois le week end pour utiliser le wifi. Et je viens de me commander des potato wedges (des grosses frites). MMmmmh. En tout cas tout va bien. Je suis partie en week end avec des amis le weekend passé, je publierai les photos bientôt =)

Et voici quelques photos de ma semaine à la plage pour le nouvel an20151230_09575320151229_120549IMG_20151230_113740IMG_20151230_140440

Let’s go to the Beach!

Enfin des vacances ! J’ai profité que mon amie Val, que je connais via mon ancien kot à projet à LLN, vienne pour faire un trip de quelques jours avec elle. C’est vrai qu’il a beaucoup à faire au Myanmar, mais comme elle faisait déjà beaucoup avec ses amies qui allaient la rejoindre 1 semaine plus tard nous avons simplement décidé d’aller à la plage. Mais ici, même aller à la plage c’est une aventure. Nous voulions prendre le bus le vendredi soir pour Chaung That Beach (250km), hélas il n’y avait plus de place dans le bus. Bien décidée à partir le soir même, on prend un bus qui va en direction d’une autre plage pas très loin de celle ou on voulait aller. Cependant celle-ci est bien plus touristique et nous gardons l’idée de rejoindre l’autre endroit. Nous arrivons donc à Ngwe Saung à 4h30 du matin samedi après 7h de bus… et essayons donc d’expliquer qu’on veut rejoindre Chaung Tha. Comme je l’ai déjà dit, la communication n’est pas toujours facile, mais ils sont toujours près à nous aider. Nous avons lu quelque part qu’il est possible de prendre un bateau mais visiblement les locaux nous disent que ce n’est pas possible. Il faut prendre un bus vers Pathein, puis prendre un autre vers Chaung Tha.

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Je peux vous dire que c’était compliqué… Mais au moins nous avons vu la campagne birmane ! Nous arrivons donc finalement à notre destination finale vers midi, sans réservation d’hôtel évidemment. Après un peu de recherche on décide de poser nos valise dans un petit hôtel propre et simple. Tant qu’il y a une moustiquaire et un ventilateur c’est assez. Il ne faut pas compter sur l’eau chaude ou même sur l’électricité 24h sur 24h. Le village de Chaung Tha est connu pour sa communauté de pêcheur et donc ses poissons et fruits de mers bien frais. Je peux vous dire qu’on s’est régalé pendant 4 jours. Même si on sait que c’est à nos risques et périls, parce que niveau hygiène ce n’est pas toujours ça. Mais après presque trois mois ici, je ne crains plus rien.

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Poisson qui sèche au soleil

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Pêche en pleine action

Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre concernant la plage, et je peux vous dire que nous avons bien ri. C’est une plage connue par les birmans qui viennent passer le weekend ici. C’était donc pleins de birmans et quasi aucun occidental à l’horizon. Le rêve. La plage était évidemment magnifique, palmier, bungalow et noix de cocos. Nous avons donc profité du soleil, mangé et siroté des noix de coco sur la plage, bu des Myanmar Beer en regardant le couché du soleil sur la plage. Le dernier jour nous avons même fait une petite balade en bateau pour aller faire du Snorkeling et se poser sur une petite ile des environs.

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Mais évidemment les plages birmanes ont des désavantages pour deux filles blanches. Les birmanes se baignent toute habillées, et les hommes plutôt en short. Il aurait été évidemment trop gênant pour nous, mais également pour eux, qu’on bronze tranquillement en bikini. De plus, ils vont à la plage pour s’amuser, sauter dans l’eau et faire la fête. Aux heures chaudes ils vont à l’ombre pour se protéger du soleil. En tout cas, nous avons réussi à trouver une petite plage tranquille à l’abri des regards. Oui j’ai bien mis de la crème 50, non je n’ai pas cramée et oui, à part des taches de rousseurs, le bronzage n’est pas encore inroyable! En plus de ça, nous sommes de véritables attractions…Tout le monde nous regarde, est curieux. Des groupes entiers nous demandent de prendre des photos avec eux, d’autres prennent juste des photos de nous en train de se balader…

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Le mardi matin nous avons repris un bus, cette fois ci directement vers Yangon. 7heures de trajet pour 250 km. Les 40 premiers kilomètres se font en environ 2 heures pour rejoindre Pathein… ça tourne ça grimpe, on se demande comment le bus reste accroché a la route. A mis chemin un birman a goulument vomis par la fenêtre mais Val et moi avons tenu bon. Pas question de dormir ou de lire tellement la route est mauvaise… Nous avons également eu le plaisir d’écouter de la musique birmane pendant tout le trajet, accompagné par les clips vidéos…Je peux vous dire que c‘était… intéressant.

En tout cas notre petit trip était vraiment agréable, de quoi bien se reposer et voir un peu autre chose que la ville. Même si, si je ne l’ai pas encore dit assez, j’adore cette ville. Il y a toujours quelque chose qui s’y passe, et si on aime l’inattendu, il suffit d’accepter toute les invitations qu’on reçoit pour découvrir plus la ville et la vie nocturne. Ce que je préfère, c’est après une bonne nuit de fête et découvertes, d’aller manger un bon plat birman dans la rue et de regarder le lever du soleil.

Mais attention, il y a également des soirées plus classiques. Début de semaine un ami m’a demandé de l’accompagner à la très sélect soirée en l’honneur du jour national du Qatar. Je sors donc ma petite robe et rejoins mon ami dans le bel hôtel dans lequel avait lieu l’évènement. Nous sommes accueillis par l’ambassadeur du Qatar et photographiés dans tous les sens (oui j’espère mettre la main sur les photos). Je peux vous dire qu’ils savent en mettre plein la vue… la bouffe, la salle, les hôtesses et évidemment leurs magnifiques tenues. J’ai eu la chance d’être bien accompagnée par quelqu’un qui connait du monde. J’ai pu donc être présentée a tout un tas de gens intéressant et heureusement, j’avais mes cartes de visites toutes nouvelles dans mon sac. L’ambassadeur devait venir, hélas il ne s’est pas montré. J’ai pu cependant voir quelqu‘un d’autre du bureau. Je crois qu’elle était tellement choquée/surprise de voir une stagiaire à ce genre d’évènement qu’elle en a presque été grossière. C’est la vie !

Comme vous le voyez, tout va très bien ici. J’envisage sérieusement de rester ici si je trouve un boulot intéressant. J’ai vu qu’il y avait pas mal d’organisations qui pourraient me convenir à Bangkok également. A voir !

 

 

La jeunesse dorée de Yangon – 8 Novembre

J’aimerais vous dire que je fais pleins de visites touristiques le weekend, que je visite des temples etc. Mais ce ne serait pas vrai. La vérité est qu’après 5 jours de boulot, le weekend, je n’ai pas vraiment envie de faire la touriste.

Mais ne vous en faites pas, je n’ai pas chômé. On a formé un petit groupe d’expats dont la plupart sont des stagiaires dans des organisations internationales et on visite la ville à notre manière. Cette dernière consiste surtout à boire et manger. On se promène, on prend un cocktail, on découvre un nouvel endroit où manger. Durant nos sorties nocturnes on a eu la chance de rencontrer d’autres personnes et d’élargir notre groupe. Et puis un soir, on a rencontré la jeunesse dorée de Yangon… et on les adore. Myo et Arkar sont deux birmans de mon âge qui ont eu la chance de grandir dans une famille aisée. Je vais éviter le sujet de la provenance de l’argent. Le pays ayant été sous régime militaire entre 1962 et 2011, la plupart des familles riches sont des familles dont le père est militaire. Et être riche sous un régime militaire répressif n’est pas un sujet dont je veux avoir les détails. Mais le pays est « libre » maintenant et j’apprécie la compagnie des birmans. Nos deux amis parlent anglais parfaitement, ce qui est assez rare, et l’un deux a même étudié dans une université de Londres.

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Anniversaire de Luka – 10 personnes (+1 qui s’est incrusté sur la photo), 9 nationalités différentes.

Shwedagon Pagoda

Shwedagon Pagoda – Brendan (Singapore), moi, Luka (Montenegro), Lucy (UK) et ma coloc Mercè (Catalane)

Il y a plusieurs bons côtés à avoir des amis birmans. D’une part ils nous font découvrir la ville, les bars, les clubs, les restaurants. D’autre part, on apprend pleins de choses sur le pays. J’ai lu pas mal de chose avant de venir ici, mais je me rends compte que la presse internationale ne peut pas vraiment traduire ce qui se passe ici. Un exemple frappant est la personnalité d’Aung San Suu Kyi (dont nous avons prononcé le nom assez mal toute notre vie). En Europe nous avons une image très iconique d’elle, on se la représente en tant que grande activiste pour la paix et la démocratie. Elle a d’ailleurs eu le prix Nobel de la paix en 1991. Ici j’ai beaucoup plus accès à l’information locale et j’avoue que je remets un peu son image en question.

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Pour en revenir à ce que je disais, je m’amuse beaucoup ici. Je n’ai pas une vie de touriste qui passe son temps dans des temples, et je n’ai pas une vie d’expat qui passe son temps dans des fêtes ou des restaurants d’expats avec des expats. Je rencontre pleins de gens intéressants via le boulot, à des réunions, des conférences (qui ont toujours très classes, dans des hôtels, je dois dire que j’aime beaucoup cette partie du boulot). J’ai beaucoup de chance d’être la stagiaire de l’ambassadeur. Les autres stagiaires appartiennent à une section (politique, administration, presse, opération), mais j’ai la chance de dépendre directement de l’ambassadeur. Je peux voir son travail journalier, la manière dont il gère les réceptions, réunions etc… Et il m’envoie assister à des réunions qui m’intéressent. J’aime le fait qu’il voit le stage comme quelque chose qui va dans les deux sens. Je travaille pour eux, enfin surtout pour lui, et en échange, en plus d’apprendre beaucoup évidemment, il me laisse prendre mes décisions et dépasser mon statut de stagiaire. En plus de ça, il est vraiment sympa.

Aujourd’hui ce sont les élections. Je ne vais pas m’étendre, mais en gros ce sont les premières élections démocratiques (en espérant qu’elles le sont) depuis un moment. Les gens placent beaucoup d’espoir dans ce qu’il va se passer par la suite. Deux funs facts : premièrement, qu’importe les résultats, le nouveau gouvernement ne prendra pas place avant avril, donc les changements seront de toute façon longs à venir, deuxièmement, la Constitution empêche Aung San Suu Kyi de devenir présidente (le président ne peut pas avoir un conjoint ou des enfants d’une nationalité étrangère, elle a deux fils anglais et oui cette provision a été votée juste pour l’empêcher de devenir présidente).

MMR ELECTIONS

Le gros de la délégation de l’EU était dans tout le pays, en tant qu’observateur. Moi je suis restée à Yangon, j’ai été me balader un peu le matin mais franchement il n’y avait rien à voir. Tout était fermé, et tout était assez calme. On a donc squatté la piscine pour se dorer la pilule. Je peux vous dire que ça fait du bien. Oui j’ai bien mis de la crème 50, et oui je ressemble encore à un radis entre le rouge et le blanc, mais j’ai de l’espoir…

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Souper chez l’ambassadeur et Opera

Lundi soir (19 octobre), soirée chez l’ambassadeur de la délégation de l’UE en l’honneur du Chief Observer de l’Electoral Observer mission (EOM) et vice-président du parlement européen. L’EOM est une mission de l’UE qui a pour but de d’observer, sans altérer, les élections et par la suite de faire des recommandations afin d’améliorer le caractère démocratique. J’ai eu la chance de pouvoir assister à une réunion avec les ambassadeurs des pays de l’UE présents au Myanmar et les représentants de l’EOM, c’était vraiment intéressant. Chaque petit détail du processus électoral doit être pensé et être implémenté à l’échelle locale. Un challenge particulier lors de l’assistance électorale est de conseiller le pays de manière à ce qu’ils comprennent pourquoi utiliser telle méthode à la place d’une autre, et qu’ils l’implémentent pour de bon. Bref. Retour à la soirée.

Pour être honnête je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Mais je n’ai certainement pas été déçue. Cette fête était presque parfaite. Un peu nerveuse au début, je ne savais pas trop comment aborder les gens. Il faut admettre que le networking ce n’est pas vraiment mon fort, mais je savais que c’était ce que l’ambassadeur attendait de moi. Je suppose que je ne mets pas vraiment le statut de stagiaire sur un piédestal. Mais j’avais tort parce que trouve que le statut de stagiaire est vraiment valorisé ici. Les gens nous prennent aux sérieux et ils ne voient pas ça comme le bas de l’échelle mais plutôt comme le début d’une carrière comme la leur.

J’ai adoré ce mélange de business talk et casual talk. On échange les cartes de visite, on parle de a vie à Yangon mais aussi de ce qu’il se passe dans le pays. Et discuter est facile parce qu’on a tous quelque chose en commun, nous sommes tous des expats dans un pays far far away.

C’est incroyable la manière dont quelqu’un peut sembler inaccessible professionnellement et être si accessible socialement. A la délégation nous (oui je dis « nous » maintenant) travaillons avec pas mal d’organisations différentes pour différents projets. Dans ces personnes il y a des hauts placés du parlement européen, des gens qui ont travaillés dans 10 pays différents, qui ont accumulés des années d’expériences à l’étranger. Et ces gens-là sont funs. Je ne vois pas d’autre mot pour le dire. Ils ont envie de connaitre les nouvelles têtes, ils proposent à boire, ils posent des questions. Ils donnent l’impression d’être une grande famille dont les membres ne se connaissent pas tous mais se rencontrent partout et nulle part.

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Quelques jours plus tard nous étions invités pour une soirée opéra (juste un pianiste et un ténor) organisée par l’ambassade italienne. Super évènement dans la salle de bal du Strand Hôtel, un vieil hôtel style colonial anglais. Nous avons ensuite pris un (ok plusieurs) verre(s) au bar de l’hôtel.

Roberto Cresca

Facade-Strand

Strand Hotel

Chinatown

Mission du jour : trouver un chargeur pour la batterie de mon appareil photo.

Lieu : Chinatown… C’est un peu vague.

Nous sommes samedi après-midi. Après un peu plus de trois semaines ici, je me dis qu’il est temps de trouver un chargeur pour mon appareil photo. Parce que pour le moment, mitrailler tout ce qui bouge me manque.

J’ai pas mal demande autour de moi et on m’a conseillé d’aller Downtown aux alentours de Chinatown. C’est un peu vague mais ça vaut le coup de chercher. Je me mets donc en marche vers Downtown, c’est pas tout près mais j’ai envie de passer dans un shopping Centre dans lequel il a le magasin Mango. Dans une ville où tout est inconnu, où on ne sait pas lire les panneaux, où on ne reconnait pas les marques et où l’équivalent du Body Shop est appelé le Face Shop et est coréen, trouver un magasin qu’on connait est un rare plaisir. J’arrive donc à Taw Win Centre… Et c’est le bordel comme partout. Les rez-de-chaussée des shoppings Centre sont généralement l’endroit où on trouve des magasins plus chers, de meilleures qualités. J’ai donc fait un peu de shopping et ai trouvé un très joli chemisier pour travailler (4000 kyats ou 2.5 euros). Comme la marche pour arriver et l’essayage excessif de vêtements m’a un peu crevée je me dis que je vais me poser dans un petit café pour me prendre un jus de fruit. Je craque pour un gâteau au chocolat et un jus glacé à la fraise. Total des opérations: 1400 kyats ou 1 euro et l’endroit est très agréable.

Le gâteau avait une consistance d’éponge, mais quand on a faim, on a faim.IMG_20151017_155258

Mais comme la réalité de la vie à Yangon nous rattrape toujours il a fallu qu’il y ait une coupure de courant dans tout le bâtiment. Il faut savoir qu’au Myanmar 75% des gens n’ont pas accès à l’électricité, et ceux qui l’ont, même en étant dans la plus grande ville du pays, He bien ils ne l’ont pas tout le temps. Le gouvernement produit l’électricité via des Centrales à gaz et des barrages. Et pour je ne sais plus qu’elle raison le réseau est instable et visiblement insuffisant. Donc les coupures ne sont vraiment pas rares. Mais ils trouvent des moyens pour que ce ne soit pas un problème. Par exemple, les lampes de chevet (qui sont d’ailleurs le seul type de lampe trouvable) sont équipées d’une batterie et être donc utilisées quand elles ne sont pas branchées. J’en ai d’ailleurs acheté une… Le fait que l’interrupteur pour mon sale néon dans ma chambre était en fait, en dehors de la chambre n’était pas très pratique. BREF. Donc grosse coupure de courant dans le café, mais la vie continue. Je sirote pour petit jus tranquille en attendant que ça passe.

Quelques minutes plus tard je sors à la recherche d’un taxi. J’avais au départ décidé de marcher mais ayant déjà perdu 2 kilos d’eau sur les 2.5km qui séparent le Shopping Centre de mon appartement j’opte pour un taxi pour les 3km qui restent. Je lui indique donc la Sule Pagoda comme destination.

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Un rue de Downtown, vue sur la Sule Pagoda

A Yangon on ne marchande pas, sauf pour les taxis. Il faut fixer le prix avant de monter. Il annonce le prix et c’est parti pour essayer d’économiser quelques dizaines d’euro cents. Pour ce trajet ci, d’environ 3km mais avec pas mal de traffic (Downtown est assez vivant) j’ai payé 2500 kyats. Un peu moins de 2 euros.

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Me voilà donc à la Pagoda et la recherche d’un chargeur commence. On m’a indiqué quelques rues où je pourrais peut être trouver ce genre d’article. Effectivement je trouve quelques rues bourrées de petits et grands magasins d’électroniques. La plupart des magasins vendent des gsm et des accessoires, quelques vendent également des télévisions et de nombreux appareils Samsung. Mais visiblement les birmans ne prennent pas de photo parce que pas un seul ne vend d’appareil photo ou d’accessoires photos… Je tombe finalement sur un magasin, dans une petite rue, qu’on m’avait indiqué. Je rentre plein d’espoir pensant être arrivée à la fin de ma recherche. Le premier problème, qui se répète à chaque fois qu’on entre dans un magasin à la recherche de quelque chose de précis, c’est la difficulté de se faire comprendre. Les gens ne parlent pas anglais, c’est aussi simple que ça. Heureusement j’ai apporté ma batterie et on se comprend à l’aide de geste. Le premier vendeur demande au deuxième qui demande au troisième et après une discussion générale ils admettent défaite. Je leur demande alors de me conseiller un autre magasin (toujours à l’aide de geste et de mots simples) et un vendeur propose de m’accompagner dans un autre magasin. Je dois dire que leur gentillesse rachète vraiment leur manque d’organisation et d’efficacité. Après de longues recherches ils admettent défaite également. Le troisième sur lequel je tombe par hasard me propose d’acheter une autre batterie qui ne ressemble absolument pas à ce que je cherche. A ce moment là j’avoue que ma motivation a faibli. Il fait très chaud, très humide, et je ne me sens pas super à l’aise. Je ne crains jamais pour ma sécurité à Yangon, mais le regard des locaux est parfois un peu dérangeant. Il n’y a pas beaucoup d’expats ou de touristes, donc ils sont assez curieux. Et en tant que jeune femme, blanche avec les yeux bleus et les cheveux courts (très rare ici) je suis une attraction donc tout le monde me regarde tout le temps. Bref, finalement, après quelques rues supplémentaires, je vois dans des appareils photos Nikon dans une vitrine. Je demande un chargeur et 20 secondes plus tard le vendeur me tend ce que je cherche comme si c’était la chose la plus évidente au monde. Mais attention, à Yangon dès que l’on achète quelque chose qui fonctionne avec du courant, on le test avant. ON le déballe donc, on le branche et HALLELUJAH. Et voilà, je vais enfin pouvoir faire des photos potables. Après cette trouvaille, j’ai pu profiter un eu de Downtown avant la tombée du jour. J’ai flâné sur le marché au fruit, et près des vendeurs de rues. J’ai craqué en voyant une grande crêpe croustillante avec des petits légumes dedans (300kyats, 0.20 euros) et c’était délicieux. Bien qu’à la moitié je me suis rendue compte que ce que je pensais être des petites tomates étaient en fait des petits piments. J’ai eu la bouche en feu pendant tout le trajet du retour.

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En bref, on trouve tout à Yangon, il faut juste savoir chercher. En Belgique on tape sur Google ce qu’on cherche et on trouve les vendeurs et leur adresse exacte. Ou mieux, il y a Amazon. Ici, l’info n’est pas disponible sur internet, et les adresses sont rarement trouvables sur Google maps. Mais on finit toujours par y arriver. Et en ce qui concerne Amazon, il n’y a tout simplement pas. Et même s’il y avait, j’ai des fameux doutes par rapport au service postal. Je commence d’ailleurs à me demander s’il y en a un.

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